Zoriontasunak ezin bere arantzei uko egin
Alexia Sayago
Du 15 Mai 2026
Au 14 Juin 2026

C'est en nous repliant sur nous-mêmes que nous nous retrouvons. Comme si, depuis la fenêtre, nous observions un monde dans lequel nous nous reconnaissons mais que nous n'avons pas la force d'habiter. "Comment se fait-il que ma plus grande peur soit liée à l'être?", écrit Clarice Lispector. J'ose parler en ton nom, car c'est dans cette position que je me suis sentie accompagnée depuis notre rencontre. En évitant de frôler ces épines, nous inventons des moyens de revenir à ce qui nous est familier, à la lenteur; nous essayons de revenir sur nos pas vers un lieu sûr, dans l'attente de rencontrer une main qui nous accompagne, qui nous rassure sur le chemin du retour.
"Le bonheur ne peut se passer de ses épines" évoque l'impossibilité de ce retour, la difficulté d'échapper à l'obscurité qui entoure le rayon de lumière qui nous éclaire tout en nous réchauffant, nous donnant l'impression que tout va bien, que cet instant pourrait durer éternellement. Lorsque cette lumière devient aveuglante, l'obscurité apparaît comme une forme de salut. En elle, nous affinons notre regard, élargissant la gamme des gris au fil des secondes, des minutes, des heures… Cette obscurité devient fondamentale, car sans elle, nous ne pourrions plus revoir la lumière. Il n'est pas donné à la lumière de se priver de son ombre, dans ce cas.
Extrait du texte "Sobre los párpados: el sol" de Carmen Valero
Alexia Sayago (Madrid,1995)
Artiste plasticienne, chercheuse et performeuse (comme si ce n'était pas pratiquement la même chose...). Elle commence par étudier le design de mode à l'École supérieure de design de Madrid, cursus qu'elle abandonne en cours de route pour se tourner vers les Beaux-Arts à l'Université Complutense de Madrid. Parallèlement, elle commence à se développer en tant que performeuse à la Juan Gallery. Après ses études, elle intègre l'EHU pour suivre un master en art contemporain technologique et performatif, où elle restera pour réaliser sa thèse de doctorat dans laquelle elle est encore plongée et à laquelle, en fait, appartient ce projet présenté ici.
"Il n'est pas donné au bonheur de se priver de ses épines" est le déversement contrôlé des mouvements qui dansent à travers un texte à la rencontre d'un corps qui se les approprie, qui les capture.
Remerciements à Miren Agur Meabe pour m'avoir donné, sans le savoir, "Comment garder des cendres dans la poitrine?"; un texte avec lequel travailler, un texte à ma mesure, un texte à toucher.

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