Bertopaketak
Anton Hurtado
Du 17 Septembre 2026
Au 23 Octobre 2026

Après être passées tant de fois par là, c'est précisément à ce moment-là qu'elles se sont retrouvées. Cette fois, elles ne l'ont pas évité. Elles se sont ouvertes à cette possibilité. Elles l'ont fait. Elles y ont mis leur intention et leur affection, non seulement pour se croiser, mais pour se retrouver. À une époque où d'autres s'efforcent de séparer, d'opposer et d'individualiser, se retrouver, c'est plus qu'un simple geste. Et se rendre ensemble à ces retrouvailles, c'est un acte politique. Car même si, dans son atelier, il n'a jamais peint en compagnie de quelqu'un, en réalité, on ne donne jamais un coup de pinceau toute seule.
La pratique individuelle est toujours collective. Avec un peu de chance, en communauté. Avec des amis. Avec ceux avec qui on partage et où se croisent les goûts, les références, les parcours et les expériences. Avec ceux avec qui il y a une complicité dans l'expérience de s'exprimer par la peinture. Et en complicité avec l'acte même de peindre. Avec cette peinture que l'on ne cesse de vouloir tuer, en raison de son apparente absence de sens, de sa prétendue inutilité, de son décalage par rapport aux langages d'aujourd'hui. Et peut-être, pour cette raison, l'impossibilité de la tuer, ni même de la laisser mourir. Et peut-être, pour cette raison, sa puissance, sa pertinence, en tant que refuge et en tant que fissure.
Peindre comme une forme de rencontres, de désaccords, de retrouvailles. Des ensembles, des affinités, des amitiés, des moments, des frictions, des souvenirs. Cette manière particulière, émotionnelle, sensible, où quelque chose se produit. À partir de ce que chacun et chaque chose sont. En conjuguant l'être, l'être-là, le faire et le ressentir. Avec soi-même, avec les autres, avec le territoire, avec le paysage. Avec le tableau, avec les tableaux, avec ce qui n'est pas un tableau mais reste néanmoins de la peinture.
Peindre comme une manière de revenir sans cesse au même endroit depuis différents lieux. Peindre comme une manière d'aller dans différents endroits sans bouger d'un même lieu. Peindre comme une manière d'habiter un espace restreint et, de là, de s'ouvrir à l'infini. Peindre comme une manière d'explorer. Peindre comme moyen de créer des autonomies, des interdépendances et des complémentarités. Peindre comme moyen de créer des chevauchements, des tangentes et des dérivées. Peindre comme forme.
Dans l'atelier. Des clous dans le mur. Une maquette. Ce sont là aussi des façons de peindre. Quelques possibilités parmi tant de combinaisons. Il n'y a pas une seule et unique manière, ni une meilleure manière. Essayer, chercher, croire l'avoir trouvée. Réessayer. Cela semble identique, mais ce n'est pas le cas. L'exercice de se retrouver est toujours complexe. Peindre comme moyen de rendre les choses plus simples. Peindre comme moyen de composer, décomposer et recomposer. Rencontres, désaccords et maintenant, retrouvailles.
— Ricardo Antón Troyas

Juan Manuel Lumbreras | Henao Kalea, 3 - Bilbo (Bizkaia)
Détails
Du lundi au vendredi: 11:00 - 14:00 / 17:00 - 20:00

